Mortalité périnatale en Région bruxelloise

Les données publiées par Euro-Peristat concernant le nombre de morts nés et d’enfants décédés au cours de la première année de vie à Bruxelles commentées ce jour dans la presse méritent quelques explications. L’accroissement observé du nombre de mort-nés enregistrés à Bruxelles entre 2004 et 2010 est un artéfact méthodologique.

Depuis 2008, un travail important d’amélioration de la qualité des données de l’enregistrement des naissances a été réalisé à Bruxelles. Auparavant, de nombreuses maternités et services communaux ne déclaraient pas systématiquement les naissances d’enfants mort-nés avant 26 semaines de grossesse. En Belgique, par exemple, la prime de naissance est due pour un enfant mort-né dès que la grossesse a atteint au moins 26 semaines. Grâce au travail du Centre Bruxellois d’épidémiologie périnatale (CePIP), les maternités ont commencé à mieux déclarer les naissances dès 22 semaines, qui est l’âge retenu par les experts internationaux et qui est également l’âge repris dans l’arrêté royal du 17 juin 1999.
Suite à cet effort, apparaissent dans les statistiques une catégorie d’enfants mort-nés de 22 à 26 semaines de grossesse qui n’étaient pas déclarés auparavant. Là ou avant 2008 on n’enregistrait que 4 à 5 décès par an, on enregistre 65 décès en 2010. Sur un total de 143 morts-nés cela représente une augmentation importante mais qui est liée principalement à l’amélioration des pratiques d’enregistrement des naissances. Les habitudes et pratiques des autres pays européens en la matière nous sont inconnues et rendent difficile les comparaisons.

Comparer les régions belges à d’autres pays européens est un deuxième élément qui s’avère défavorable à Bruxelles. Si on pouvait diviser les autres pays en territoire plus petits, il apparaitrait surement d’autres territoires moins performants que Bruxelles. Pour la périnatalité comme pour beaucoup de problèmes de santé, les grandes villes s’en tirent toujours moins bien. Une comparaison de Bruxelles à d’autres territoires urbains serait dès lors plus juste.

Un troisième élément qu’il nous parait important de souligner concerne la population étudiée dans ce rapport. Le rapport Euro Peristat présente toutes les naissances qui ont eu lieu dans les maternités bruxelloises parmi lesquels plusieurs centres universitaires. Un grand nombre de femmes enceintes domiciliées dans les régions flamandes et francophones viennent accoucher à Bruxelles, particulièrement lors de grossesses à risque ou des naissances difficiles pour lesquels une prise en charge spécialisée est requise. Ces naissances se terminent relativement plus souvent par un décès et entrainent donc une augmentation des décès enregistrés à Bruxelles comparés aux deux autres régions.

Ces précisions faites, les chiffres de mort-nés et de mortalité avant un an restent élevés à Bruxelles où il existe d’importantes inégalités sociales de santé. Le risque pour un ménage sans revenus du travail de voir son enfant décéder avant la naissance est plus de deux fois plus grand que celui d’un ménage avec deux revenus. La précarité en Région bruxelloise est élevée, il ne faut pas s’étonner de voir des chiffres de mortalité périnatale élevés à Bruxelles.

Téléchargez notre communiqué de presse ici

Murielle Deguerry (FR)
mdeguerry@ccc.irisnet.be, 02/5520145

Peter Verduyckt (NL)
pverduyckt@ggc.irisnet.be, 02/5520153

Observatoire de la santé et du social de la Région bruxelloise
www.observatbru.be

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